réseaux sociaux et recherche d'emploi

Réseaux sociaux et recherche d’emploi : quand le scroll te plombe

Vous connaissez ce moment où vous ouvrez les réseaux sociaux « juste deux minutes »… et vous tombez pile sur ce qui vous fait mal.

Pas « un peu ». Pas « ça pique mais ça va ». Non.

Le genre de contenu qui appuie exactement là où c’est sensible.

En ce moment, pour moi, c’est le travail. Enfin, l’absence de travail. Et je réalise que mêler réseaux sociaux et recherche d’emploi peut vite plomber le moral.

On pourrait croire que le contenu le plus violent sur les réseaux sociaux, c’est la politique, la haine, les clashs.

Oui.

Mais il y a une autre catégorie. Plus douce en apparence. Plus « inoffensive ». Et pourtant… beaucoup plus insidieuse. Les vidéos « J’ai décroché le job de mes rêves ». Les posts LinkedIn à base de « grateful ». Les carrousels « Comment j’ai doublé mon salaire en 3 mois ». Les stories de collègues qui fêtent leur CDI au champagne.

Et toi.

Toi, tu es là, sur ton canapé, à rafraîchir une boîte mail qui ne rafraîchit rien. Tu sais bien que souvent c’est scénarisé. Tu sais que derrière un post « nouveau challenge », il y a parfois une angoisse monstrueuse.

Mais ça n’y change rien.

Ça te coupe l’élan, le moral, la journée.

L’algorithme sait exactement où tu en es (et il s’en fiche)

Le plus frustrant, c’est ça : les réseaux savent.

Ils savent mieux que personne ce que tu cherches, ce que tu veux. Ils savent que tu lis des offres. Ils savent que tu t’attardes sur les témoignages de reconversion. Ils savent que tu as tapé « CV » et « entretien » plus de fois que tu n’oses l’avouer. Ils s’approprient votre duo réseaux sociaux et recherche d’emploi pour vous servir du contenu qui vous garde captif.

Et donc… ils te servent la suite.

Une avalanche de contenu « carrière ». Mais pas le contenu qui t’aide. Le contenu qui te garde.

Parce que l’objectif n’est pas ton moral. L’objectif, c’est que tu restes sur l’application assez longtemps pour cliquer.

Sur une formation. Sur un coaching. Sur un service de « refonte de CV premium ». Sur un truc qui ressemble vaguement à une bouée de sauvetage.

Et ça marche.

Évidemment que ça marche. Quand tu as la tête sous l’eau, tu attrapes ce qui flotte.

Non, ce n’est pas “la faute des algorithmes”

Je ne suis pas en train de dire « méchants algorithmes ». Un algorithme, c’est un outil.

Le problème, c’est l’usage. Et surtout, le contexte.

Quand un outil est conçu pour maximiser une chose, il va maximiser cette chose. Et sur les réseaux sociaux, cette chose, c’est l’engagement.

Pas la nuance. Pas la santé mentale. Pas la délicatesse.

L’engagement.

Ce qui déclenche une réaction. Ce qui te fait commenter. Ce qui te fait rester. Même si ça te fait du mal. Surtout si ça te fait du mal.

Comment l’algorithme lie réseaux sociaux et recherche d’emploi pour vous piéger

Le truc, c’est qu’on ne vit pas « sur internet ». On vit dans un internet personnalisé. Un petit monde fabriqué sur mesure.

Avec tes obsessions, tes peurs, tes recherches à minuit, tes pauses café où tu scrolles « sans réfléchir ». Et moi, je me suis retrouvé coincé dans une chambre d’écho assez glauque. Un endroit où « trouver un job » est partout, mais dans sa version la plus brillante, la plus triomphante, la plus… hors-sol.

Ce n’est pas que ces contenus ne devraient pas exister. Bien sûr qu’ils existent. Et tant mieux pour les gens. Je dis juste que les servir en boucle à quelqu’un qui galère, c’est comme passer des pubs de pâtisserie à quelqu’un qui essaie d’arrêter le sucre.

Pourquoi c’est si difficile de “juste ignorer”

On entend souvent : « Tu n’as qu’à faire défiler. Passer au post suivant ».

Oui. Et quand tu scrolles, tu tombes sur quoi ? Sur la même chose.

Parce que ton cerveau a réagi : tu as ralenti, tu as lu, tu as peut-être même enregistré le post. Et l’algorithme a noté.

« Ah. Ça l’intéresse. »

Alors il en remet. C’est un cercle. Un cercle très rentable.

Ce qui se joue derrière l’écran : dopamine, stress et fatigue

On sous-estime à quel point ça nous use. Ce n’est pas juste « de la comparaison ». C’est une stimulation permanente. Une alternance entre espoir et frustration.

Tu vois une vidéo : « 5 questions fréquentes en entretien ». Tu te dis : ok, utile. Puis juste après : « J’ai reçu 3 offres en une semaine ». Et là tu te dis : « ah, ben pas moi ».

Et ton cerveau, lui, encaisse. Il cherche la prochaine micro-dose de soulagement. Le prochain conseil. La prochaine « astuce ». Le prochain signe que « ça va s’arranger ».

Et au final, tu termines… vidé.

Tu as passé 45 minutes sur ton téléphone et tu ne te sens ni plus avancé, ni plus calme.

Juste plus fatigué.

Les plateformes n’ont pas de conscience (et c’est bien le sujet)

Un humain, à un moment, se dit : « Ok, là, j’y vais trop fort. »

Un algorithme, non. Il pousse ce qui marche. Point.

Et « ce qui marche », ce n’est pas forcément « ce qui aide ». C’est « ce qui retient ».

Donc oui, des contenus peuvent être nuisibles. Pas parce qu’ils sont méchants, mais parce qu’ils sont servis au mauvais moment, à la mauvaise personne, avec la mauvaise intensité.

On peut attendre que ça change… ou reprendre un peu de contrôle

Il y a des débats, des lois, des promesses de transparence. Mais soyons honnêtes : si les plateformes gagnaient moins d’argent en protégeant notre santé mentale, vous pensez qu’elles le feraient spontanément ?

Je pose la question.

Mais gardons en tête les montants que ces écosystèmes génèrent. En 2024, c’est par exemple 23 milliards de dollars pour TikTok. Et même 67 milliards pour Instagram.

En attendant, il reste un levier. Un levier pas sexy. Pas « optimisable ». Pas monétisable.

Mais très efficace.

Le fait de… poser le téléphone.

Le move le plus sous-coté : revenir au réel

Pendant longtemps, j’ai cru que la solution, c’était de tout filtrer : bloquer, masquer, cliquer sur « ce contenu ne m’intéresse pas », éduquer l’algorithme. Comme si j’étais en train de dresser un animal.

Et puis j’ai réalisé un truc : je n’ai pas forcément besoin de gagner contre l’algorithme.

Je peux juste sortir du terrain. Pas pour « fuir ». Pour respirer. Commencer la journée sans me prendre une claque en pleine figure. Ne pas ouvrir l’appli au réveil. Faire un truc simple avant.

Par exemple aller marcher en écoutant un podcast (le vieux conseil banal qui marche mieux que 90% des carrousels « productivité ».)

Je ne suis pas un robot. Je ne suis pas censé vivre dans un flux. Donc, quand je sens que ça déborde, j’essaie de faire plus petit. Plus humain. Moins héroïque.

Par exemple envoyer une candidature, une seule, propre.

Et ensuite, revenir à ma vie. Parce qu’au fond, c’est ça le piège : les réseaux veulent nous faire croire qu’on peut « résoudre » nos problèmes à l’intérieur d’eux.

Alors qu’ils vivent de nos problèmes.

C’est tout.

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